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Je dois vous avouer quelque chose : lorsqu’on a annoncé la sortie, en mai, de la nouvelle Surface Pro, ça ne m’a fait ni chaud, ni froid.

Je m’attendais à voir débarquer la nouvelle Surface Pro 5 à bord d’un vaisseau spatial : mon imagination sans limite la voyait déjà équipée d’un écran 5K, d’un clavier/protection, d’un processeur Intel 8 fois plus rapide que tous les processeurs qu’on connaît, et tout ça, pour la modique somme de 199 €, clavier inclus.

Donc quand je me suis retrouvée devant la Pro 5 et que j’ai découvert que ce n’était qu’une version améliorée du modèle existant, accompagnée d’une hausse de prix, forcément, j’ai été déçu. Mais après, lorsque je me suis repenché sur le dosser, j’en ai conclu que mon désir de changement profond avait peut-être altéré mon jugement.

Alors, c’est vrai, lorsque la première Surface Pro est sortie en 2013, elle manquait clairement de finitions (des bugs importants ont mis des mois à être résolus et les mises à jour mettaient des heures à s’installer). Mais on peut quand même applaudir Microsoft pour sa patience et sa persévérence : le format de la Surface Pro a progressivement évolué, et de nombreux constructeurs l’ont copié (oui, c’est de vous qu’on parle, HP, Lenovo, Acer et Asus).

Et les problèmes de la Surface se sont évaporés grâce aux mises à jour, et les ventes se sont mises à augmenter. Du coup, je comprends pourquoi Microsoft a peur de gâcher une recette qui marche avec de nouvelles fonctionnalités et des changements de hardware non maîtrisés. Le format hybride de la Pro a clairement sa place dans le monde du high-tech, ce qui signifie que la mission consiste à changer progressivement les choses pour se rapprocher toujours plus de la perfection.

Si vous acceptez l’idée (oui, c’est un gros « SI »), la question devient donc… est-ce que la dernière version de la Pro représente d’actuels changements, ou est-ce que c’est le même produit mais plus cher ?

Écran

L’écran PixelSense de la Surface Pro 4 était superbe. À tel point que Microsoft ne s’est pas posé de questions pour la Pro 5.

Elle a un ratio d’aspect de 3:2, un écran de 12,3" pour une résolution 2736 x 1824, ce qui fait du 267ppp. Aussi impressionnants ces nombres soient-ils, vous ne pouvez même pas imaginer à quel point cet écran est parfait pour une utilisation quotidienne.

Il est superbement calibré : les couleurs sont vives sans pour autant qu’elles aient l’air criardes (salut, Samsung), vous pouvez regarder l’écran pendant des heures sans que vos yeux ne fatiguent, et les textes sont super nets, peu importe qu’on le grossisse ou pas. Il est assez lumineux pour être utilisé en extérieur avec un grand soleil, et vous pourrez baisser la luminosité assez pour l’utiliser dans votre lit la nuit sans risquer de réveiller votre voisin.

L’écran tactile est incroyablement vif, et le modèle que j’ai utilisé pour ce test n’avait aucun problème d’imprécision au niveau du rétro éclairage, alors que c’était le cas de celui de la Surface Pro 4, il y a un peu plus d’un an.

La résolution de l’écran est un peu inhabituelle, ce qui s’est avéré être un problème pour certains développeurs de logiciels, puisque leurs produits ne rendaient pas bien. Heureusement, ce temps est révolu : tout ce que vous installez rendra bien, tout va se caler automatiquement. Cependant, vous devrez prendre une décision en ce qui concerne le format du texte et des icônes qui est à 200% par défaut. Comme avec la Surface Pro 4, j’ai décidé de la baisser à 175%, afin d’avoir plus d’espace sur l’écran.

Si je n’avais qu’un petit reproche à faire, ce serait au logiciel. La luminosité automatique de Windows 10 s’ajuste de manière un peu brutale, ce qui perturbe l’expérience, donc en général je la désactive. Je ne comprends toujours pas pourquoi Microsoft n’a pas déjà résolu ce problème depuis longtemps, et j’espère que ça viendra avec la mise à jour de cet automne. Mais c’est un détail que l’on peut régler tout seul.

Si vous décidez d’acheter une Surface Pro aujourd’hui, vous pouvez être sûr que demain ses concurrents sortiront des modèles similaires avec une meilleure résolution et plein d’autres promesses, mais j’ai peur qu’ils aient du mal à combiner à la qualité, la facilité d’utilisation et à l’autonomie (la Surface Pro, promet une batterie durant jusqu’à 13,5 h).

PERFORMANCE

Si vous ne connaissez pas bien le concept de la Surface Pro, ne vous laissez pas duper par son format super compact de tablette hybride. Avec son nouveau processeur, la « nouvelle » Pro a autant de puissance qu’un ordinateur fixe, peu importe le processeur que vous choisirez. Vous avez le choix entre 3 puces Intel : l’entrée de gamme m3 (949 € sans clavier), le moyenne gamme i5 (1 149 € pour le modèle 128 Go/4 Go de RAM ; 1 449 € pour le 256 Go/8 Go), et le haut de gamme i7 (culminant à 3 099 € pour le modèle 1 To/16 Go).

Dans son projet de rénovation de la gamme Pro, Microsoft dit adieu à la sixième génération de processeurs d’Intel, les Skylake, et se tourne vers la septième génération, les Kaby Lake, un changement qui est, certes, timide mais qui vaut le coup puisqu’elle est bien plus puissance et plus efficace. Malheureusement, le modèle utilisé pour le test était le très puissant i7, accompagné de 16 Go de RAM et un énorme disque dur SSD de 512 Go.

Je dis « malheureusement » non pas parce que je n’ai pas apprécié les performances de l’i7, mais parce que cette configuration représentera certainement une infime partie des ventes. Si on m’avait donné le choix, j’aurais préféré tester le modèle avec le m3 ou le « nouveau » i5. Ce dernier est particulièrement intéressant : en passant aux Kaby Lake, Microsoft a décidé que le i5 (tout comme le m3) pourrait se passer de ventilateur… ce qui signifie qu’ils sont beaucoup plus silencieux, mais aussi qu’ils ne surchauffent pas.

Par rapport à mon expérience avec les Kaby Lake sur d’autres produits, je suis presque certain que la Pro de base possède déjà bien assez de ressources pour près de 95% des utilisateurs, tous ceux qui passent leur temps sur Office, à surfer sur le web, à regarder des vidéos et à écouter de la musique. C’est lorsqu’on a un métier plus demandant en terme de performances qu’on peut commencer à se pencher sur les modèles qui coûtent plus cher.

Pour info (et je n’avais aucun doute à ce sujet), lors de mon test, le i7 n’a fait qu’une bouchée de tout ce que j’ai pu lui balancer : j’ai joué à ReCore à un taux d’image par seconde assez élevé avec des réglages presque au maximum, et lorsque j’ai voulu faire des retouches photo assez complexes sur Photoshop, il n’y a eu presque aucun lag (grâce aux graphismes Iris Plus du i7).

La Pro, avec de telles specs, est un monstre : lancer une appli ou passer à une autre se fait à la vitesse de la lumière, et l’appareil est resté relativement frais tout du long. Mais bon, vous payerez l’option 2 500 € (une augmentation d’environ 200 € pour la Pro 4 qui a les même specs). Franchement, à ce prix, heureusement qu’elle tourne bien.

PRATICITÉ

Si vous êtes tenté par une Surface Pro, vous serez séduit par sa puissance digne d’un PC fixe et sa portabilité, équivalente à celle d’une tablette. La vérité, c’est que vous pouvez acheter de bien meilleurs ordinateurs portables mais aussi des tablettes pour un prix équivalent ou moindre (notamment le Dell XPS 13 et l’iPad Pro 12,9"). Mais effectivement, vous aurez du mal à trouver un portable ou une tablette qui peut répliquer l’équilibre parfait de la surface entre une puissance parfaite pour bosser, l’aspect créatif et la légèreté d’une tablette.

Tout comme avec la première Pro en 2013, son avantage était son clavier détachable Type Cover, qui s’attache et se détache en un simple click. Sans le Cover, vous aurez en votre possession une simple tablette 12,3". Mais avec, vous aurez en votre possession un ordinateur portable compact avec un clavier qui ne vous demandera de faire aucun compromis, alors qu’au départ vous pensiez l’appareil fragile et pas pratique.

En fait, le Type Cover est un régal, même si vous l’aimerez plus ou moins selon votre manière de taper. Si vous êtes un as de la frappe qui utilise tous ses doigts avec légèreté, vous trouverez que les touches et leur espacement de 1,3 mm son parfaites. Si, comme moi, vous êtes du genre à taper comme un bourrin avec 2 doigts, vous n’aurez pas trop de mal avec l’espacement des touches ni leur disposition, mais vous risquez d’être irrité par la résonance du Type Cover. Et elle est inévitable à cause des matériaux utilisés.

Ce petit désagrément mis à part, la configuration pliable de la Surface Pro marche bien dans la plupart des cas, même ceux où vous auriez pensé que ça marcherait mal. Par exemple, vous aurez l’impression que son système de pliage la rendrait inutilisable sur vos genoux. Et pourtant, une fois que vous avez plié la charnière arrière au bon angle, vous verrez que la Pro est un plaisir à utiliser. Oui, vous devrez vous servir de vos deux mains pour la déplacer, mais vous vous y ferez vite.

Le modèle de base pesant 766 g clavier inclus, la Surface Pro s’emporte partout (Microsoft nous a même fait constater que la plupart des sacoches d’ordinateur son plus lourdes que la Surface). À dire vrai, je pense que très peu de personnes peuvent faire la différence entre la « nouvelle » Pro 5 et le modèle antérieur, même si elle a un châssis plus rond et plus léger.

Personnellement, je préfère le côté un peu plus carré de la Pro 4, mais j’ai été soulagé en constatant que Microsoft n’avait pas sacrifié la solidité au nom de la légèreté.

Prouesses artistiques

Malheureusement, notre modèle de test nous a été envoyé avec la génération précédente du Surface Pen. Et étant donné les améliorations qu’on nous promet au niveau du dessin (« deux fois plus réactif que les anciens » avec 4096 points de pression contre 1024 auparavant), c’est bien dommage.

Bien sûr, on mettra à jour ce test dans les prochaines semaines, une fois que Microsoft pourra nous fournir le dernier cri en terme de hardware (qui sera disponible en noir, platine, bleu cobalt et bordeaux). Pour l’instant, je peux d’ores et déjà dire que la nouvelle Pro sera au moins aussi bonne que l’ancienne, qui était déjà excellente à ce niveau là.

Je ne suis pas un artiste, donc mes expériences avec le Pen se limitent à la prise de note et à la création de rapides schémas pour mes présentations, chose que je faisais déjà tous les jours depuis plus d’un an avec ma Surface Pro 4. À l’époque, j’étais tombé amoureux de l’appli OneNote de Microsoft qui me permettait de prendre des notes à main levée avec le Pen.

OneNote bat à plates coutures Evernote, puisqu’il permet de mélanger les dessins, les notes tapées et manuscrites, et vous pouvez rapidement ouvrir une nouvelle note simplement en tapotant le Pen. C’est tellement pratique que vous aurez du mal à comprendre pourquoi ce n’est pas une fonctionnalité par défaut sur tous les autres PC.

En parlant du Pen, j’ai une petite réclamation. Croyez-le ou non, mais il n’est plus compatible avec la tablette Pro. Oui, vous avez bien lu. Étant donné que la Pro est déjà limite de part son prix, je comprends pourquoi certains sont réticents.

LOGICIEL

Contrairement aux Surface Laptop (qui sont équipés de Windows 10 S qui vous empêche d’installer des logiciels qui ne viennent pas du store officiel, à moins que vous ne le débloquiez), votre nouvelle Surface Pro est équipée de la version complète de Windows 10 Pro. Et c’est une bonne nouvelle : cette horreur de Windows 8 fait maintenant partie du passé, et la Surface Pro est parfaite pour Windows 10 puisqu’il permet de passer d’un mode tablette à PC très facilement.

Ceci dit, il y a encore trop d’éléments dans l’interface de Windows 10 qui nous rappellent les années 1990. Windows Explorer, par exemple, a très peu changé ces 10 dernières années, et ne cesse de nous rappeler qu’on est sur un hybride (c’est vraiment dommage étant donné le raffinement du hardware).

Heureusement, Microsoft se penche enfin sur le problème et a récemment présenté son nouveau Fluid Design. Si vous voulez avoir un aperçu de ce que c’est, c’est maintenant possible : téléchargez Groove Music ou Calculator sur le Windows Store et vous verrez comment Microsoft a subtilement modifié son design. On nous a promis que la prochaine grosse mise à jour de Windows 10 sera cet automne, et qu’elle comprendra Fluid Design pour tout le système d’exploitation. Votre toute nouvelle Surface Pro n’aura qu'à attendre quelques mois avant d’avoir droit à un relooking gratuit.

 

Rapport qualité/prix

La Surface Pro est-elle trop chère ? D’un côté, on aime la confiance en soi de Microsoft : il veut que le monde voit cet hybride comme un objet de qualité et désirable, et a affiché des prix en adéquation avec cette vision. D’un autre côté, on peut acheter de nombreux produits similaires pour moins cher.

Par exemple, vous pouvez vous procurer l’Asus Transformer Pro 3 pour 999 € (clavier inclus). Son équivalent, la Surface Pro i5 128 Go vous couterait 1 149 €, et 179 € supplémentaire pour avoir le Signature Type Cover. C’est presque 350 € plus cher que la Tranformer, et environ 200 € de plus que la Surface Pro 4 (avec clavier).

Ce sont des sommes non négligeables. Sans avoir l’air de vous prendre pour des imbéciles, faîtes la part des choses avant d’investir. Par exemple la nouvelle Surface Pro possède une autonomie de 13,5 h (ce que je pense probable, malgré le peu de temps passé avec la machine), des performances qui dépassent de loin le vieillissant Transformer Pro 3, et ce qui représente une amélioration de 50% par rapport à la Surface Pro 4.

C’est un nombre impressionnant, et un argument de vente majeur pour la Pro. Mais si vous passez la plupart de votre temps sur secteur, l’argument de la batterie ne tient plus. Et 350 €, c’est beaucoup pour quelque chose dont vous ne vous servirez pas.

C’est pareil pour le processeur. Oui, la Pro est équipée de la dernière génération de processeurs Intel. Mais l’utilisateur moyen n’aura aucune utilité d’une telle puissance. Dans ce cas, c’est totalement déraisonnable : je vous conseille d’acheter une Surface Pro 4 avant qu’elle soit en rupture de stock (et grâce à la baisse des prix, elle est plus accessible).

Est-ce que Microsoft a un peu exagéré avec ses prix ? Oui et non. La Surface Pro est clairement au-dessus de la concurrence aujourd’hui. Et comme je ne vous cache pas que chez Stuff on adore les machines de guerre, on payerait volontier quelques centaines d’euros en plus pour avoir le top du top.

Et rappelons-nous que la Pro fait à peu près le même prix que la Surface Pro 4 lorsqu’elle est sortie en octobre 2015. Mais le fait de ne pas inclure le Pen et le Type Cover au vu du prix est un peu décevant.

VERDICT

La Surface Pro est un sans faute. Elle est superbe, c'est un plaisir de l'utiliser, et 99% des utilisateurs seront conquis. J’aurais juste aimé que Microsoft soit un peu plus généreux et nous fournisse le Pen et le clavier pour ce prix là.

Est-ce que la Surface Pro i7 mérite 5 étoiles ? Avec ces caractéristiques, j’ai bien peur que oui. Le i7 est un régal et c’est vraiment cool de trouver ça sur un appareil aussi compact et pourtant si puissant. Mais, pour la même somme, vous pouvez vous acheter un Dell XPS 13.

Pour ma part, je me languis de mettre la main sur le modèle m3 ou le nouveau modèle i5 256 Go sans ventilateur : eux aussi pourraient bien mériter leurs 5 étoiles.

L’avis de Stuff 

Microsoft Surface Pro (2017) - test

La nouvelle surface est plus une évolution qu’une révolution, mais reste la première de la classe.
à partir de
€ 949
Points forts 
Très puissante
Excellent clavier, agréable
Écran superbe
Autonomie au top
Points faibles 
Les meilleurs modèles sont trop chers
Le manque de ports va en frustrer certains

Where to buy Microsoft Surface Pro (2017) -: