The Last Guardian a vraiment des défauts.

Les contrôles sont lourds, la caméra est (insérer une grossièreté) et, pour ce qui est de votre compagnon géant à plumes, vous allez avoir autant de facilité à lui donner des ordres qu’à dresser votre chat à vous habiller le matin.

Bref, The Last Guardian a ses défauts et peut devenir assez frustrant par moments, mais il mérite tout de même 5 étoiles.

Pourquoi ? Par ce que Trico est un amour et que ce jeu, même frustrant, est génial.

Une amitié grandiose

Trico est un chat, ou un chien. C’est un mâle, ou peut-être une femelle… Quoi qu’il en soit, c’est votre compagnon : il est géant, ailé et plein de plumes.

Dès le début du jeu, vous vous réveillez dans une sorte de fosse aux côtés d’une énorme bête qui semble aussi méfiante et mal en point que vous, un lien se crée donc assez vite entre les deux protagonistes.

Trico adore les barrils pleins de trucs verts et brillants et n’aime pas être enchainé, vous pouvez lui venir en aide pour ces deux choses. 

Les deux personnages partagent le même but commun : s’échapper de l’endroit dans lequel ils ont été abandonnés. Il s’agit, en fait, d’une cuvette entourée de montagnes et d’anciennes ruines.

J’aimerais beaucoup pouvoir dire que le lien entre les deux personnages est fragile, qu'il s'accroit au fil des pérégrinations du duo, mais Trico devient votre meilleur ami instantanément ou presque. C’est un peu comme pour ce chat que vous avez caressé une fois en allant au travail et qui vous aurait probablement suivi dans le métro si vous l’aviez laissé faire.

Il y a une explication au fait que Trico soit si avenant à l’égard de l’humain que vous incarnez, mais pour être honnête, que vous n’ayez pas dû « gagner » l’amitié de la bête n’est pas très important. C’est comme ça, Trico est adorable.

Cela vient de la façon qu’il a de se déplacer ou des bruits qu’il fait, il compte sur vous et répond à votre gentillesse, on se retrouve très vite à avoir de l’affection pour la bête.

Si votre cœur ne se brise pas un petit peu à chaque fois qu’il se retrouve amoché au cours de l’histoire, vous n’avez pas de cœur.

Un animation parfaite

Trico n’est pas le seul personnage a avoir reçu de l’attention de la part des développeurs. Les animations du garçon que vous incarnez sont somptueuses, que ce soit sa façon de courir dans les escaliers ou celle qu’il a de sautiller sur place quand il est nerveux.

Il semble organique et réellement humain, c’est quelque chose d’assez surprenant, même de nos jours.

Les paysages sont magnifiques, surtout si vous jouez sur un écran compatible à la HDR. On retrouve une légère touche d’aquarelle dans l’esthétique du jeu, quand vous verrez le plumage de Trico scintiller à la lumière, vous ne pourrez vous empêcher d’admirer l’image.

Frustration quand tu nous tiens

Le jeu est peut-être beau, mais ce n’est pas un sans faute technique pour autant. Comme pour Ico et Shadow of the Colossus, les contrôles de The Last Guardian sont lourds et mettent le quatrième mur à mal.

Rater un saut est toujours frustrant, quand c’est de votre faute, on se sent stupide ; mais quand c’est à cause d’un jeu qui réagit quatorze années trop tard, c’est réellement énervant. Il peut aussi arriver que le personnage saute dans la direction opposée à celle indiquée…

Autre point agaçant, quand vous marchez lentement, le personnage se déplacera toujours furtivement, qu’il y ait des ennemis aux alentours ou pas. Et la plupart du temps, il s’arrêtera à chaque rebords quelque soit la vitesse à laquelle vous arrivez, d’autre fois, il va simplement foncer comme un mouton pour se jeter dans le vide. De plus, la différence entre les parois qu’on peut escalader et les autres est très légère.

La caméra est aussi parfois atroce. Quand vous êtes dans un espace ouvert, elle se bloque. Trico peut aussi complètement boucher la vue. Elle est trop lente et lourde pour vous aider à visualiser la scène.

Tous ces défauts sont « sublimés » quand vous essayez en plus de donner des ordres à Trico.

L’excuse, probablement, sera qu’il est difficile de dresser un chat-chien-aigle et que cela demande beaucoup de patience, mais le souci ne vient pas de là. En fait, c'est la non-précision des contrôles et la nécessité pour Trico d’être précisément au bon endroit pour que l’action se déclenche qui créé des problèmes.

Il n’y a absolument rien de fun à trouver comment résoudre un problème pour ensuite passer dix minutes à crier sur votre télé par ce qu’un chien-oiseau-aigle ne veut pas faire un (insérer une grossièreté) de saut.

Vous vous retrouvez à courir dans tous les coins en fulminant à vous dire que vous avez raté quelque chose jusqu’à ce que, ayant épuisé toutes les possibilités, vous retourniez au point de départ et, magie, Trico fait son boulot. Il vous a simplement trollé pendant 20 minutes.

Verdict

Vous ferez face à ces problèmes plusieurs fois au cours de l’aventure, vous aurez envie de mettre un coup de boule à votre télé, mais à chaque fois, le jeu vous offrira ensuite un moment magique et magnifique.

Un passage du jeu était tellement énervant que j’ai abandonné deux fois, mais il était suivi par une séquence géniale, j’ai du relire mes notes pour me souvenir de l’irritation profonde que j’avais connu quelques minutes auparavant.

C’est à cela que The Last Guardian doit son succès. Le jeu est rempli de défauts et de moments de frustration, même s’ils vous énervent sur l’instant, tout cela est vite oublié quand on prend l’aventure dans son ensemble.

Pour chaque défaut, il y a un équivalent génial. Le jeu est magnifique et il vous restera en tête bien après les 12 heures de jeu qu’il offre. Peu de jeux peuvent se targuer de laisser une telle empreinte dans la mémoire du joueur.

Acheter The Last Guardian

L’avis de Stuff 

The Last Guardian – test

Bardé de défauts par certains aspects, The Last Guardian reste irrésistible.
€ 69
Points forts 
Trico est une bête magnifique
Rythme doux contrebalancé par des moments riches en intensité
Direction artistique plus que réussie
Points faibles 
Trico n'est parfois pas très obéissant
Une caméra énervante
Contrôles lourds et imprécis