Pourquoi le ResearchKit d'Apple est encore plus excitant que le nouveau MacBook ou l'Apple Watch

Ce qu'il y a d'agaçant avec les entreprises c'est qu'elles répètent à tour de bras que leurs appareils vont changer le monde ; à chaque événement Apple, les managers de la marque font ce genre d'allégations toutes les 11 secondes environ.

Mais ce 9 mars 2015, calée entre HBO Now et la présentation du nouveau MacBook, et avant que l'Apple Watch n'occupe le devant de la scène, survint une annonce qui surpasse les gadgets qui brillent et pourrait bien changer la vie du commun des mortels : le ResearchKit.

Cette nouvelle plateforme se construit sur la base de données santé créée par Apple avec le Health Kit, et l'étend au domaine de la recherche médicale.

Les chercheurs doivent faire face à des difficultés majeures dans l'industrie médicale. Recruter des participants pour les études n'est pas chose facile. Cela demande des fonds pour rétribuer les participants, et même avec ces moyens, les contributions à la recherche sont souvent minimes. Kathryn Scmitz, Docteur de l'Université de Pennsylvanie, soulignait dans une vidéo que sur 60 000 lettres envoyées, on n'avait reçu que 305 réponses. Avec des échantillons aussi petits, les chercheurs ne parviennent pas à une représentativité correcte de la population, ce qui au bout du compte limite leur compréhension de la maladie.

De plus, la collecte des informations est souvent subjective et les participants ne sont pas au courant des résultats des études. D'une certaine façon, le processus devient aliénant pour les personnes qu'il essaie justement d'aider.

Avec 700 millions d'iphones dans la nature, Apple a trouvé une manière de faire ses téléphones plus qu'un bout de métal à baragouiner sur Facebook, et de sortir la recherche médicale des contraintes qui la brident depuis des décennies.

L'iPhone ainsi combiné au researchKit devient un outil de diagnostique puissant, à travers 5 premières applications créées aux côtés de grandes institutions qui ciblent des maladies graves.

En outre, d'autres applis permettent de croiser les données avec celles de HealthKit, fournissant à l'utilisateur une vision complète de sa santé actuelle. Ainsi il peut choisir de partager ses données avec une étude élargie, ce qui permet entre autres d'établir des profils génériques et de faire avancer les recherches.

Le système d'Apple met intelligemment l'humain au centre de la recherche médicale tout en augmentant potentiellement le volume de données collectées de façon colossale.

Apple n'aura pas accès à ces données qui seront sécurisées. N'importe qui devrait pourvoir contribuer, peut importe la plateforme utilisée. Apple a donc mis ResearchKit en open source, évitant à Samsung la peine de faire chauffer sa photocopieuse.

Demain nous auront oublié les tailles d'écran, leur épaisseurs et les autres tirets sur la liste des caractéristiques des appareils présentés ce jour là. Mais lorsque Schmitz affirme qu'elle pourra « envoyer un sondage aux patients tous les jours (…) qui s'affircheront sur leurs smartphones et amélioreront réellement leur santé et notre capacité à prendre soin d'eux... l'enjeu est de taille », elle ne fait pas d'hyperbole.

Apple affirme souvent vouloir changer le monde. Pour un grand nombre de gens, ResearchKit pourrait bien changer le monde, et dans son aspect le plus essentiel : la qualité de vie.