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À chaque fois qu’on croise le chemin d’un nouveau BlackBerry, c’est la même rengaine : est-ce ce modèle qui va réussir à sortir la marque des ténèbres ?

On peut dire que le KeyOne est la dernière chance de BlackBerry. Mais on peut aussi se dire en voyant les ventes du Priv (2015) que sa chance est passée depuis bien longtemps.

N’écoutez pas ses détracteurs. Quelque chose dans le KeyOne va vous captiver, quelque chose qui claque, qui va vous redonner un peu d’espoir, parce que BalckBerry a peut-être bien retrouvé sa splendeur.

Dans tous les cas, le KeyOne est le meilleur BlackBerry que j’ai vu depuis des années. Ce pourrait bien être une des surprises que nous réserve 2017.

CLAVIER

Pendant des années, la marque de fabrique de BlackBerry était les petits claviers physiques et tactiles, c’est donc normal que celui du KeyOne soit le centre de l’attention. Il n’est pas camouflé comme c’était le cas avec le Priv, au contraire : il trône fièrement sous l’écran de 4,5". Difficile de le rater.

Au premier coup d’œil, il a l’air assez petit, mais tout le monde sait que s’il y a bien des mini-claviers que même les plus gros doigts arrivent à utiliser, ce sont bien ceux de BlackBerry.

Les touches sont agréables, et on sent le fameux « clic » lorsqu’on les utilise. Elles ont également des bords arrondis, donc on sait facilement où elles commencent et où elles finissent. Je ne tape pas encore aussi rapidement qu’avec mon clavier virtuel, mais j’y travaille.

Aussi, on ne l’appelle pas « Smart Keyboard » pour rien. Il nous réserve quelques surprises qui rendent l’expérience d’utilisation encore meilleure : il agit comme un touchpad pour la navigation. Vous pouvez swiper de gauche à droite et de bas en haut sur le clavier, comme vous le feriez sur l’écran d’un smartphone traditionnel pour faire défiler les menus ou les pages internet.

C’est pratique, surtout vu que c’est l’endroit où votre pouce sa place naturellement lorsque vous le tenez. Ca vous évitera de devoir atteindre l’écran trop régulièrement.

Par contre, je suis un peu moins convaincu par le système de saisie rapide (le Flick Typing) : 3 mots prédits par le logiciel s’affichent en bas de l’écran à mesure que vous écrivez. Si vous y voyez le mot que vous voulez, vous n’avez qu’à swiper vers le haut sous le mot que vous avez choisi pour le sélectionner. Les suggestions sont assez pertinentes pour les utiliser, mais la plupart du temps, c’est tout simplement plus rapide de taper les mots à la main.

Les raccourcis clavier, eux, sont beaucoup plus utiles : vous pouvez programmer 2 raccourcis sur chacune des touches, un pour lorsqu’on appuie sur la touche et un autre lorsqu’on reste appuyé. Étant donné mon imagination débordante, j’ai utilisé « m » pour mes mails et « i » pour internet, et c’est super réactif. Si vous appuyez sur une touche à laquelle aucun raccourci n’a été assigné, vous pouvez le faire en direct, ce qui vous permet de ne pas avoir à chercher dans le menu.

On apprécie donc le retour du clavier, mais ce n’est pas sans inconvénients. À mon goût, les touches virtuelles en bas de l’écran tactile sont un peu trop proches des premières touches du clavier, on risque donc parfois de les activer lorsqu’on est en train de taper. Retourner accidentellement à l’écran d’accueil alors qu’on tape un message, c’est particulièrement énervant. 

ÉCRAN ET SON

Faire rentrer un clavier physique sur la face avant d’un téléphone, ça va de paire avec un petit sacrifice sur l’écran. Avec ses 4,5", celui du KeyOne est le plus petit écran de smarphone à l’heure actuelle, et il a un ratio d’aspect un peu bizarre de 3:2. Ce n’est pas vraiment l’idéal pour regarder des vidéos.

La palette des couleurs est équilibrée, et la résolution de 1620 x 1080 est assez nette pour faire un petit tour sur Youtube, même si ce n’est pas le meilleur. Les inévitables barres noires en haut et en bas des vidéos font que ce ne sera pas le visionnage le plus immersif de votre vie, surtout si vous aviez en tête de rattraper votre retard sur Netflix sur le chemin du travail.

Ce n’est pas non plus l’idéal pour les jeux, surtout ceux qui on des touches sur l’écran ou qui vous forcent à jouer à l’horizontale. Même si le clavier est très compact, avoir à le contourner pour lancer un Angry Bird ou un éclater une ligne sur Candy Crush c’est assez pénible.

Cependant, les sites internet rendent bien. Les SMS et les emails occupent tout l’écran, et le clavier ne vient pas faire concurrence au reste de l’écran. Lorsque j’ai utilisé la division d’écran que propose Android 7.1 pour faire un peu de multitasking, j’ai trouvé que c’était avec ce téléphone que ça marchait le mieux.

Le KeyOne est clairement pensé pour la productivité, le divertissement se trouve bien plus bas dans sa liste de priorités.

Du coup, c’est presque drôle que ses haut-parleurs soient aussi bons. Il y en a deux en bas, et un autre au niveau du combiné, ce qui fait que le son du KeyOne est bien plus fort que ce à quoi on pourrait s’attendre. Les dialogues d’un même film sur Netflix sont plus audibles et plus clairs sur le KeyOne que sur un iPhone 7, ce qui nous laisse penser qu’il ne doit pas être si mal pour passer des appels en mode haut-parleur.

DESIGN ET CARACTÉRISTIQUES

Un regard suffit pour se rendre compte que BlackBerry a préféré un look plus élégant, plus business à un plus flashy, typique des flagship. Le design noir et argent n’est pas très fin, mais son cadre en métal est de bonne facture et est agréable une fois dans les mains.

La barre d’espace sert également de scanner d’empreintes digitales, qui marche très bien malgré ses petites proportions. En bas se trouve un port USB-C, et le téléphone est équipé de la technologie QuickCarge 3.0 de Qualcomm (un chargeur compatible est fourni dans la boite). En 30 min, vous obtiendrez 50% de charge.

L’autre avantage, c’est le slot microSD qui permet de palier au faible espace de stockage (de 32 Go) avec la possibilité d’ajouter jusqu’à 2 To (enfin, le jour où des cartes microSD de cette capacité existeront).

La majeure partie de ce smartphone a été très bien pensée, mais certains aspects ne sont pas super. Prenez par exemple la touche personnalisable Convenience de BlackBerry : non seulement avec toutes les possibilités de raccourcis du clavier, ça semble inutile, mais en plus, elle se trouve à un emplacement très convoité : à la hauteur du pouce sur le côté droit du smartphone.

C’est plutôt là qu’on aurait placé le bouton marche/arrêt par exemple, et même après une semaine d’utilisation, je continue d’y appuyer accidentellement.

PERFORMANCE ET BATTERIE

Il possède peut-être un processeur moyenne gamme, le Snapdragon 625 de Qualcomm, mais les performances du KeyOne sont très bien. Entrer et sortir des applis se fait de manière fluide et sans lag, l’écran sort rapidement de sa veille, et le téléphone réagit instantanément à tout ce que je lui demande.

C’est sûr, il ne va gagner aucun grand prix de Benchmark, mais le 625 est connu pour son équilibre entre performance et économie de batterie. Et ça, c’est bien plus important pour ce smartphone fonctionnel, que d’avoir un processeur plus efficace mais énergivore.

Et ça semble fonctionner. À la fin d’une journée de travail passée à envoyer des SMS et des mails, à aller sur internet et sur les réseaux sociaux, à prendre des photos, et une pause déj’ à regarder des vidéos, le KeyOne n’avait perdu que 35% de batterie.

Cependant, une heure de visionnage sur Netflix avec la luminosité à 50% a tout de même contribué à un quart de cette perte. Donc soyez vigilant sur le streaming si vous voulez tirer le maximum de votre BlackBerry.

Même en l’utilisant beaucoup au cours de la journée, j’allais souvent au lit avec 20% de batterie restants. Laissez tombé le fun, concentrez-vous sur votre travail, et il vous suivra jusqu’au bout de la nuit.

LOGICIEL

La version BlackBerry d’Android n’est pas bien vieille, mais le KeyOne s’inspire de ses prédécesseurs et propose quelques améliorations utiles et quelques changements de l’OS mobile de Google.

Comme sur le Priv, on peut accéder aux widgets depuis toutes les applis ayant 3 points en dessous de leur icône, d’un swipe vers le haut. Cela permet de garder un écran d’accueil propre et épuré tout en ayant accès aux fonctionnalités bien pratiques des widgets.

Il y a également tout un tas d’applis BlackBerry préinstallées. On pense notamment à BlackBerry Hub qui rassemble dans une même applis tous vos comptes mail, vos SMS et votre journal d’appel, mais aussi à BlackBerry Messenger (pour tous ceux qui l’utiliserait encore) et à DTEK qui permet de vérifier l’état de protection de votre smartphone. Elle est apparemment excellente.

C’est une approche assez invasive, mais en même temps, BlackBerry a su ne pas franchir la limite : le constructeur a renoncé à créer des applis homologues à celles de Google. Vous aurez donc accès à Google Photo, Musique, Téléphone, Messages et Vidéos, ainsi qu'au moteur de recherche Chrome. 

APPAREIL PHOTO

L’appareil photo principal de 12 MP avec une ouverture de f/2.0 du KeyOne a peut être les mêmes caractéristiques que celui du Google Pixel, mais BlackBerry est loin d’avoir le même niveau. Le traitement d’image est loin d’être aussi fiable, et on note des variations selon les clichés.

De plus, l’appli appareil photo de BlackBerry n’arrange pas les choses. Elle est loin d’être aussi simple d’utilisation que celle de Google, et les seuls modes disponibles sont la slow motion et les panoramas. On trouve également un mode manuel assez bien fourni, caché dans les profondeurs du menu pour ceux qui s’y connaissent un peu, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. En plus, on a un peu du mal à comprendre pourquoi il y a autant de filtres animés sur un téléphone orienté business.

Avec un bonne luminosité, les clichés s’enchainent les uns après les autres sans trop de problème, mais si la lumière n’est pas idéale, vous remarquerez quelques ralentissements. C’est dans cette situation que vous regretterez l'absence d’un stabilisateur d’image optique, car les photos prises en intérieur avec peu de luminosité manqueront de netteté.

Si vous prenez vos photos en lumière naturelle par contre, les résultats sont beaucoup plus satisfaisants. L’Auto HDR se déclenche lorsqu’on en a besoin, et fait une belle balance des ombres et des lumières afin d’apporter plus de précision. Alors qu’il est si lent en basse lumière, il est étonnamment rapide ici.

Les couleurs sont naturelles, et il y a assez de détails. Il peut avoir un peu de mal à faire la mise au point lorsque notre sujet est trop près, donc les clichés macro ne sont pas toujours aussi nets qu’ils le devraient.

Notre avis sur l’appareil frontal est, lui aussi, un peu mitigé. Clairement, son objectif de f/2.2 et sa mise au point fixe, n’allait pas être un as de la basse luminosité. Dans ces situations, vos photos auront beaucoup de bruit tandis que le capteur essaye en vain d’ajouter de la netteté.

Les scènes plus éclairées ne sont pas non plus a l’abri du bruit, surtout en intérieur, mais au moins, il n’y a pas d’effet lissant comme chez LG ou Huawei, par exemple. Le focus fixe ne sera pas le meilleur au niveau de la clarté, mais il sera assez bien pour vos clichés destinés aux réseaux sociaux.

CONCURRENCE

À 599 €, le KeyOne n’est pas si loin des prix pratiqués par les flagships de 2017, comme le LG G6 ou le Huawei P10, ni même de celui du Galaxy S7 qui date pourtant de l'an dernier.

Mais c’est presque inutile. Non seulement le KeyOne aura du mal à les suivre au niveau des caractéristiques ou des performances, mais en plus, si vous considérez sérieusement l’achat d’un BlackBerry, c’est que vous vous fichez éperdument de ce qui se fait chez ses concurrents.

Si vous souhaitez acquérir un KeyOne, c’est soit parce que vous avez déjà eu des BlackBerry avant, soit parce que l’idée d’un clavier physique vous réjouit. Les raisons qui vous poussent dans cette direction sont nombreuses, mais ce sont les seuls qui exploitent ce parti pris sur le marché, donc le KeyOne se démarque vraiment des autres.

VERDICT

Pensé et fabriqué par l'entreprise chinoise TCL, il n'y a de BlackBerry que le nom et la fiabilité de son système de sécurité.

Le KeyOne est le meilleur téléphone de la marque depuis des années, et il conviendra certainement à tous ses fans.

La question est de savoir s’il y en a encore.

Alors que tous les autres flagships ont des écrans tactiles somptueux et des claviers virtuels ultra-efficaces, on n’est pas sûr qu’un téléphone plutôt destiné aux businessmen qui n’est clairement pas optimisé pour le divertissement vaille 600 €.

Le KeyOne sera très apprécié des professionnels, mais pas sûr qu’il soit adapté à l'utilisation qu'ils en font pendant leurs jours de repos. 

Tech Specs 
ÉCRAN
IPS LCD 4,5" 1620 x 1080
PROCESSEUR
Qualcomm Snapdragon 625 octa-core
MEMOIRE
3 Go de RAM
APPAREIL PHOTO
Principal : 12 MP, ouverture f/2.0 avec autofocus à détection de phase, flash dual-LED. Frontal : 8 MP, f/2.2
STOCKAGE
32 Go interne, slot microSD
SYSTÈME D'EXPLOITATION
Android 7.0 Nougat
BATTERIE
3505 mAh non amovible
DIMENSIONS
149 x 72 x 9.4 mm, 180 g
L’avis de Stuff 

BlackBerry KeyOne - test

C’est le meilleur BlackBerry qu’on ait vu depuis un moment, mais son design limite les possibilités.
€ 599
Points forts 
Clavier ergonomique avec des fonctionnalités malignes
Une bonne autonomie de batterie avec fast charging
Un écran net avec des haut-parleurs à la hauteur
Les matériaux sont de qualité
Points faibles 
Petit écran, pas génial pour regarder des films
Le clavier est gênant pour le gaming
L’appareil photo aurait pu être mieux

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