J’ai vu du porno en réalité virtuelle en public. Et oui, c’était très gênant

Esat Dedezade a donné son corps à Stuff, dans le plus pur intérêt de la recherche scientifique

Bonjour. Moi, c’est Esat, et je regarde du porno.

Les détails de ce que je regarde et à quelle fréquence sont une affaire qui ne regarde que moi et Google, et j’entends bien que cela reste ainsi jusqu’à ce que je sois mort et enterré.

Il y a quelques jours encore j’ai fait l’expérience étrange d’avoir une relation sexuelle en public, au beau milieu d’une terrasse de café, en plein Mobile World Congress, avec deux personnes présentes pour observer toutes mes réactions.

Non, attendez, ne partez pas ! Tout ce dont je vous parle n'était pas réel, et a eu lieu dans les limites confinées d’un casque de réalité virtuelle et d’un casque audio.

Les armes du crime

Chaque prise est filmée en 4K, mais la nature des vidéos en réalité virtuelle demande un gros travail d’édition pour rendre l’ensemble cohérent.

Et, bien sûr, nous avons les casques. Actuellement Naughty America travaille sur les plus populaires, comme le Google Cardboard, le Samsung Gear VR et l’Oculus Rift.

Read more

Assez parlé : qu'est-ce que ça vaut ?

Et bien… c’est surréaliste, mais c’est aussi plutôt très bon, en toute honnêteté.

L’interview avait lieu en public, aussi je ne m’attendais pas du tout à faire une démo : la proposition m’a pris par surprise. Évidemment, pas question de laisser passer cette opportunité.

J’enfile casques audio et de RV, et me voilà transporté dans un salon bien rangé, allongé sur un canapé.

Je regarde en bas, et je peux admirer "mes" abdos parfaits, "mes" bras couverts de tatouages, et un réel effet 3D : la profondeur des détails et l’impression de voir le monde à travers les yeux d’un autre est vraiment impressionnante.

La porte s’ouvre, et devinez qui entre ? Vous y êtes : ma complice le temps de la démo.

Ah oui, le dialogue, j’oubliais presque. Le genre d’échange qui ferait presque passer des discours de remerciements aux Césars intéressants. Enfin de toute façon ce n’est pas le propos ici : très rapidement, des "zones sensibles" de mon avatar virtuel sont stimulées d’une main experte. Et soudain, je me rends compte de la gêne terrible de la situation.

Je me rappelle que je suis littéralement entouré par des centaines de personnes en train de manger, boire un café, discuter avec des amis, ou de se demander ce que je suis en train de regarder pour avoir un air aussi béat.

Sans oublier Ian et son collègue, en train d’étudier mes réactions, sans doute en prenant des notes. Et pourtant, quand ma partenaire virtuelle commence à me sauter dessus, impossible de détourner le regard.

L’écran du Gear VR est assez pixellisé, et la résolution pourrait clairement être meilleure, mais malgré tout l’expérience reste très immersive et agréable (surtout si vous n’êtes pas entouré par des personnes que vous ne connaissez pas).

Alors que nous passons à une autre position, je commence à enlever le casque, au cas où je l’aurais gardé un peu trop longtemps, mais la voix de Ian Paul me dit qu’il y a encore deux autres démos prévues.

Ah bon.

Presque immédiatement je passe dans une autre scène, dans une maison tout aussi jolie, et une chambre luxueuse. Pas le temps d’admirer la tapisserie : 3 dames très, très amicales se tiennent là en train de s’explorer entre elles avant de m’inviter à les rejoindre.

Après quelques minutes, la démo s’arrête, et je me sépare de mes compagnes virtuelles. Plus de tablettes de chocolat, plus de tatouages. Retour à la réalité.

En enlevant le casque, je suis surpris par la présence d’une troisième personne à notre table. La quarantaine bien sonnée, et avec un accent allemand assez prononcé, il demande s’il peut essayer lui aussi.

Apparemment, cet homme s’était renseigné sur le contenu de la démo et s’était immédiatement assis pour attendre son tour. Je lui donne le casque avec un clin d’œil complice et continue de répondre aux questions de Ian.

À moins d’un mètre, l’homme à qui je venais de passer le casque avait l’air de passer le meilleur moment de sa vie, avec son sourire allant d’une oreille à l’autre.

Verdict

Est-ce que je vous recommanderais d’essayer ça vous-même ? Totalement. Ça vaut le coup d’être essayé, même une seule fois, ne serait-ce que pour pouvoir dire que vous l’avez fait.

Avec l’amélioration des technologies de tournage, l’augmentation de la résolution des appareils de réalité virtuelle et l’industrie du porno qui repousse les frontières du possible, il faut s’attendre à voir débarquer des simulations de ce genre devenir de plus en plus réalistes. Et imaginez aussi tous les accessoires qui pourraient être vendus pour rendre l’immersion encore plus crédible !

Pour l’instant je ne pense pas trop à cela, j’espère surtout que ma mère ne tombera jamais sur cet article…