Si les HTC Vive et autres Oculus Rift sont si géniaux (et ils le sont) pourquoi est-ce que personne n’en a acheté ? Vous connaissez quelqu’un qui en possède ? C’est bien ce que je pensais.

La réponse est évidente : le coût. L’Oculus Rift vous délestera de 700 € alors que le Vive se vend pour 950 €, si vous ajoutez à cela le prix d’un ordinateur de plus de 1000 €, ça commence à piquer.

C’est pourquoi les fans de RV ont rongé leur frein en attendant le PlayStation VR.

À 400 €, personne ne dit que le casque n’est pas cher, mais à côté des autres options,  il n’y a pas photo, surtout quand on sait que la PlayStation 4 est déjà installée dans le salon de quelques 45 millions de personnes à travers le monde ; et si vous n’avez pas la console, vous pouvez aujourd’hui en trouver pour 309 €. Même en prenant en considération le prix de la caméra pour le VR, on est encore bien en dessous du premier prix des Vive et Rift.

Si vous avez le sentiment que Sony a forcément fait des compromis pour vendre à un prix aussi « bas », et bien vous avez raison. L’entreprise n’a jamais caché les caractéristiques techniques du PS VR qui sont, comme prévu, moins impressionnantes que celles des casques plus onéreux, et tout le monde sait (on l’espère, il serait temps) qu’une PS4 n’est pas aussi puissante qu’un PC à plus de 1000 euros.

Pour résumer, nous anticipions une résolution moins impressionnante, prêts à pardonner à Sony étant donné le prix de vente.

Malheureusement, si le PS VR est parfois génial, il souffre également de quelques défauts, certains sont de plus réellement frustrants.

Design : vive la SF

Commençons avec un énorme point positif : en tant qu’objet à contempler, toucher ou porter, le PlayStation VR est vraiment génial. Contrairement aux HTC Vive et Oculus Rift qui sont (en gros) des lunettes noires attachées à votre tête via une sangle élastique, le PS VR est sculpté et tiens sur votre tête grâce à une sorte de couronne qui place le poids du casque au sommet de votre crâne plutôt que sur votre nez ou votre front.

Pour allumer le casque, appuyez sur le bouton à l’arrière de l’anneau pour l’étendre et l’installer autour de votre tête ; il faut ensuite appuyer sur un second bouton placé en bas à droite des lunettes pour rapprocher les lentilles de vos yeux : ce deuxième réglage fonctionne avec des crans qui sont légèrement espacés, on peut au départ avoir l’impression que les lentilles sont trop proches ou trop éloignées même si on finit par s’y habituer.

Le voile de caoutchouc qui s’étend des bords des jumelles et qui vient bloquer la lumière extérieure demande aussi un temps d’adaptation, mais le PS VR est, globalement, plus agréable à porter que ses deux concurrents. Il est moins serré et plus aéré autour des yeux ce qui évite l’effet « j’appuie une éponge trempée sur mon visage » si vous enfilez le casque après quelqu’un qui a joué plus d’une minute… Vous n’avez pas non plus à vous inquiéter pour ce qui est des traces rouges que peuvent provoquer le Rift, elles sont inexistantes après une session de jeu avec le PlayStation VR.

De plus, les lumières bleues placées autour des lunettes et de la couronne font ressembler l’ensemble à un accessoire sorti de Tron et ça ne peut être que positif !

Pour finir, par ce qu’il va finir que ça s’arrête à un moment… il vous faudra du son pour accompagner la vidéo en RV. Des écouteurs sont inclus dans la boîte mais n’importe quel casque standard fonctionnera. Tout ce que vous devez faire est le brancher sur le câble reliant votre casque au processeur. Si votre casque est spécialement prévu pour iOS ou Android, il peut ne pas fonctionner, oubliez également tout ce qui est sans fil puisque le son en 3D sort du processeur et non de la console.

Il n’y a cependant pas de raison de s’inquiéter, le manuel d’installation est extrêmement simple et finalement, cela ne prend que peu de temps de tout brancher, c’est cependant un peu chaotique (le rédacteur en chef nous a malheureusement interdit l'usage du terme "bordélique"). Il faut croire qu’avoir un casque de RV (PS VR, Oculus ou Vive) et un salon rangé sont deux choses totalement incompatibles.

Espace de jeu : Push it to the limit

La console sait dans quelle direction vous regardez dans la réalité virtuelle grâce au tracking par la caméra des lumières bleues qui entourent le casque ; il faut donc que celle-ci puisse vous voir. Selon les instructions, vous devez être à au moins 50 cm de la caméra et jamais à plus de 3 m ce qui vous laisse finalement assez peu d’espace pour jouer.

Et si ça semble restrictif en théorie, ça l’est aussi dans la pratique, surtout si vous utilisez les manettes qui représentent vos mains dans des jeux comme Batman : Arkham VR ou The London Heist (de VR Worlds). Il est un peu trop facile de sortir du champ de vision de la caméra et ainsi vous retrouver hors d’atteinte. Cela n’arrive pas tout le temps, mais quand c’est le cas, vous pouvez dire au revoir à l’immersion et à la « réalité virtuelle ».

Prenons Arkham VR, c’est un des rares jeux qui encouragent à jouer en étant debout ; et bien, si vous vous levez pour jouer à Arkham après avoir calibré la caméra pour le reste des jeux (en posture assise donc), votre tête ne sera plus dans le champ de la caméra et vous devrez modifier son placement. C’est clairement gênant quand vous devez en plus gérer un casque et des manettes.

On ne peut s’empêcher de penser que Sony aurait été bien avisé d’investir dans une meilleure caméra qui aurait pu analyser une plus grande partie de la pièce. Le HTC Vive coûte peut-être un bras, mais une fois que vous avez terminé de tout installer, toute la pièce devient un terrain de jeu dans lequel vous pouvez bouger et interagir. Pour l’Oculus, s’il a le même genre de limitations que le PS VR, c’est simplement par ce qu’il est pour l’instant encore basé sur le jeu « de bureau » sans manette ; quand celle-ci arrivera, un deuxième capteur viendra grandement accroitre l’espace de jeu.

Il est également important de préciser qu’il suffit d’assez peu de lumière dans la pièce pour créer des problème de caméra ; la lumière du soleil, les grandes fenêtres ou les lampes un peu trop agressives doivent être évitées si vous voulez profiter d’une expérience la plus satisfaisante possible. À nouveau, on ne peut que regretter que la caméra n’ait pas été plus travaillée.

Mode cinéma : jouer et regarder des films sur un projecteur virtuel de 163’’

Alors que l’installation peut être un peu complexe par moments, une fois que c’est fait, il vous suffit de viser le canapé avec la caméra, de fermer les rideaux et éteindre la lumière ; vous n’aurez ensuite qu’à allumer le PS VR et la manette.

Vous ne serrez pas directement plongé dans la réalité virtuelle mais plutôt dans une énorme version du menu PlayStation flottant devant vous ; exactement comme si vous jouiez à la PlayStation 4 sur un énorme projecteur dans une pièce entièrement noire, c’est énorme.

C’est le mode cinéma : il vous permet de reproduire tout ce que vous faisiez auparavant sur votre PS4 (naviguer dans les menus, regarder des vidéos, jouer à des jeux non-VR etc.)

Comment dit précédemment, le processeur envoie tout de même à la télévision ce que vous voyez via le casque, mais ça ne veut pas dire que la personne doit le regarder ; vous pouvez très bien jouer à la PS4 pendant que quelqu’un d’autre regarde Le Plus Grand Cabaret du Monde (très bon choix).

C’est un bonus vraiment agréable, vous venez de gagner un nouvel écran et un casque de réalité virtuelle. La résolution n’est toutefois pas aussi bonne en mode cinéma.

Il faut aussi pointer du doigt le fait que certains jeux ne se prêtent simplement pas à ce mode. Destiny semble bien trop intense en mode cinéma par défaut alors que le mode petit (117’’) détériore encore plus la résolution et rend le jeu assez laid ; pour ce qui est de l’option grande (226’’) elle est vraiment trop énorme pour un usage régulier même si elle peut être fantastique.

Jeux : les choses virtuellement sérieuses commencent

Le mode cinéma est une fonctionnalité assez géniale, mais ce n’est pas pour ça que l’on achète le PS VR. Si vous lancez le CD de démo vendu avec le casque, vous aurez un aperçu de ce dont la RV est capable.

Pour ceux qui n’ont jamais essayé la RV, vous ne pouvez pas réellement être préparé au fait d’être transporté dans vos jeux. On passe en un éclair de : « je joue à un jeu dans lequel je pilote un vaisseau » à « je suis assis dans un vaisseau spatial, j’inspecte le cockpit et les vaisseaux que je croise dans l’espace ».

En fait, on y pense pas réellement, on est juste là, pris dans l’illusion.

Depuis que j’ai le PS VR chez moi, j’ai fait équipe avec des confrères journalistes pour piloter des tanks sur Battlezone, j’ai été attaqué par un requin et rempli mon rôle dans un vol de diamants sur VR Worlds, j’ai piloté un mécha sur RIGS et conduit une McLaren P1 à toute vitesse sur les routes canadiennes enneigées. L’immersion est parfois si totale que vous oubliez que vous jouez à un jeu et vous vous retrouvez tout simplement englouti par l’expérience.

Ce qui est incroyable, étant donné les relatives limites en terme de hardware, c’est la fluidité et la rapidité des jeux. Il est vital, en RV, de ne pas avoir de coups de rame ou de lags, non seulement par ce que c’est énervant, mais surtout par ce que cela pourrait vous faire repeindre votre tapis. Le PS VR à un taux de rafraichissement qui peut monter jusqu’à 120Hz, même pour les jeux tournant à 60 fps, je ne me souviens pas d’une fois ou l’expérience de jeu a été autre que totalement fluide.

Pour atteindre de telles performances, certains sacrifices ont du être faits, on peut notamment citer DriveClub VR.

Le jeu est réellement épuré par rapport aux anciennes versions, de nombreux effets météorologiques ont été abandonnés, le nombre de voitures disponibles a été réduit ; la résolution a également pris un coup, ça pique parfois tellement les yeux qu’on est obligé de faire une pause. Certains indicateurs de vitesse sont trop flous pour être lus et il est difficile de reconnaître le modèle ou la marque des voitures concurrentes quand elles sont plus de quelques mètres devant vous. Le paysage est lui assez réussi et immersif si vous le prenez dans son ensemble mais, si vous y faites attention, il est finalement assez plat.

Malgré tout, de nombreuses fois, vous ne ferez pas attention à tout cela puisque vous serez conquis par les mécaniques de conduite et les courses frénétiques.

Les jeux qui demandent moins de mouvements rapides peuvent se permettre de pomper plus de puissance pour les graphismes, c’est le cas de Batman : Arkham VR et du London Heist du VR Worlds qui sont réellement magnifiques.

Ces deux jeux sont bien plus plaisants si vous jouez avec les manettes, elles peuvent représenter un investissement puisqu’elles coûtent 89,90 € la paire et que les deux jeux ont une durée de vie de 2 heures chacun ; mais les deux sont énormément immersifs et interactifs. Les deux jeux impliquent de se retrouver en face de personnages extrêmement bien faits et qui semblent par moments presque réels. Que vous lanciez un batarang ou tiriez sur quelqu’un dans London Heist : les mouvements semblent assez naturels pour que vous ayez l’impression d’être réellement badass (et bien non figurez-vous, vous ne l'êtes pas, désolé).

En l’analysant dans son ensemble, la gamme de jeux proposée au lancement est impressionnante de par son éclectisme avec quelques expériences réellement éblouissantes. Il est cependant difficile de dire quel jeu vous tiendra en haleine durant les prochaines semaines ou mois ; les éléments multi joueur de RIGS, Battlezone et Eve : Valkyrie font de ces jeux des candidats potentiels, mais il est impossible d’évaluer leur longévité potentielle avant d’avoir vu le taux de remplissage des serveurs. Beaucoup d’autres jeux, même si parfois époustouflants, ont une durée de vie limitée et vous n’y jouerez qu’une fois avant de les montrer à vos amis et de les garder dans un coin pour toujours.

C’est toujours la même chose au lancement d’un nouveau format, seul le temps dira si les jeux peuvent faire du PS VR un must-have absolu.

Perspectives variables

Malheureusement, j’ai rencontré quelques autres soucis en testant le PlayStation VR, et ceux-ci n’ont pas été résolus quand j’ai changé de casque.

Le premier problème est l’oscillation partielle de l’image à certains moments. Ce problème n’est pas toujours présent et vous ne le remarquerez pas quand il y a de l’action, mais quand tout est calme, c’est très troublant.

Si vous êtes en train de jouer à Arkham VR, vous aurez l’impression d’avoir un peu trop d’alcool dans le sang. Ce n’est pas quelque chose que vous remarquerez régulièrement, mais vous êtes prévenus.

L’autre problème que j’ai rencontré est le décalage de l’image sur la gauche ou la droite pendant le jeu ; par exemple sur DriveClub VR : au départ de la course, si je baisse la tête, mon menton se retrouve au niveau de mon torse, je suis donc bien aligné. Mais parfois, plus tard dans la course, si je relève ma tête et la tiens droite, le regard est dirigé vers la fenêtre et non le pare-brise ou le volant.

Ce problème est récurrent, et pas seulement dans DriveClub VR ; sur VR Luge : un autre des jeux VR World, parfois, au bout de quelques descentes en luge, il est nécessaire de tourner la tête pour regarder droit devant soit.

Si vous restez appuyé sur le bouton Options du DualShock, l’image est recentrée (vous pouvez le faire à n’importe quel moment) mais cela ne joue pas sur la rotation. En d’autres termes, on fait toujours légèrement face à la mauvaise direction.

Évidemment, c’est plutôt étrange, et je n’ai aucune idée de ce qui pose problème. Peut-être que certains joueurs n’auront pas ce problème alors qu’il sera beaucoup plus visible pour d’autres, mais cela reste quelque chose qui est souvent réapparu et qui devient assez vite irritant.

Verdict

Même sans ces quelques problèmes, on aurait tout de même du mal à donner 5 étoiles au PlayStation VR, en même temps, nous n’avons jamais donné 5 étoiles à un casque de RV. Il est simplement encore trop tôt et il y a trop peu de vrais jeux longs et de qualité pour que nous n’ayons aucune réserve même si la RV, à son plein potentiel, est tout bonnement incroyable.

Malgré ses relativement faibles caractéristiques techniques et son prix, le PS VR est capable d’atteindre des sommets, (un playthrough de Batman: Arkham VR devrait être suffisant pour mettre tout le monde d’accord) malheureusement, il est parfois retenu par sa « faiblesse » technologique. Une meilleure caméra et de nouvelles manettes pourraient faire une différence énorme.

Peut-être que certains soucis pourraient être prochainement corrigés par des mises à jour logiciel ; on est encore dans les premiers jours du casque après tout. De plus, les nouveaux jeux qui sortiront tireront mieux avantage du hardware.

Nous allons donc continuer à jouer dans les semaines et mois à venir et possiblement ajuster ce test et sa note en fonction des changements. Pour l’instant, le PS VR offre une bonne dose de fun tout en ayant quelques vrais inconvénients et défauts. Le prix est juste, mais l’expérience n’est pas toujours au beau fixe.

L’avis de Stuff 

PlayStation VR – test

Le PS VR est capable d’offrir des expériences incroyables, certains problèmes empêchent toutefois de le recommander sans réserve. 
€ 399
Points forts 
Très confortable
Prix bien plus abordable que ses concurrents
De la RV fluide et immersive
Certains jeux déjà très bons
Points faibles 
Quelques inconstance dans le tracking du visage et des mains
Espace de jeu relativement petit
De nombreux jeux ont une faible durée de vie
Quelques décisions de design étranges