Lorsqu’Android Wear est arrivé, bien sûr que j’étais tout excité. Le fameux petit bonhomme vert dans une montre, comment ne pas l’être ?

Mais après quelques semaines, ou au bout de quelques heures dans certains cas, j’ai réalisé qu’Android Wear était un peu bizarre. Un peu léger. Un peu agaçant. Android Wear 2.0 sort enfin pour résoudre tous ces problèmes. Et cela a pris, selon mon calendrier… 3 ans. Oui, 3 ans.

C’est certain, le progrès, ça prend du temps. Mais au moins, il est là.

INTERFACE : UNE EXPERIENCE PLUS AGRÉABLE

La seconde version d’Android Wear amène plein de nouvelles fonctionnalités et de nouveautés. Après l’avoir porté pendant un petit moment, ce n’est cependant pas ce que j’ai le plus apprécié.

J’ai plusieurs fois arrêté puis recommencé à utiliser Android Wear au cours de ces 3 dernières années, j’ai essayé des Apple Watch, des bracelets de fitness, et tout un tas de gadget qui se portent au poignet. Chaque fois que je remettais Android Wear, il me fallait quelques jour pour m’y habituer. C’était un peu comme mettre un pull fait par un extra-terrestre qui lui-même ne connaît que très, très vaguement l’anatomie humaine.

Je parle des mouvements bizarres et de l’architecture de base du système qui est trop compliquée. Tout ça, c’est terminé. J’ai utilisé Android Wear 2.0 avec la Huawei Watch 2, et c’est vraiment ce que tout le monde attendait : Android dans une montre.

Vous devez appuyer sur un bouton pour accéder au menu, et on accède à tous les niveaux grâce à une gestuelle verticale. Fini la gymnastique des doigts : un swipe suffit à vous faire aller plus loin. On dirait que ce n’est pas grand chose, mais c'est le signe que le système tout entier est plus intuitif.

Wear 2.0 fait aussi de la place pour d’autres sortes de contrôles. Un cadran rotatif à la Apple Watch, la lunette qui tourne de la Samsung Gear S3 : Wear se met au même niveau que les autres.

PERSONNALISATION : JOLI LIFTING

Cette nouvelle version est un mélange délicieux qui rend Wear plus simple et plus compliqué à la fois. Ou tout du moins, plus modulable.

Par exemple, les écrans des montres sont maintenant personnalisables. À part les plus simples, les autres auront des petits bonus comme un podomètre, la date, la météo. Vous pouvez tout à fait changer lorsque vous personnalisez votre cadrant, et vous pouvez même vous en servir comme raccourcis ou faire afficher des informations venant d’applications indépendantes.

À l’heure actuelle, il n’y a pas des tonnes d’applis indépendantes qui proposent ce genre de fonctionnalités, mais ça va venir. On les appelle les complications. On imagine bien le nom issu d’une longue séance de brainstorming…

Aussi, Android Wear nous permet (enfin) de pouvoir télécharger des applis directement depuis la montre, au lieu de devoir passer par son smartphone puis de devoir synchroniser les 2. Ce qui les rend encore plus sympa à utiliser avec des iPhones. L’interface du Google Play Wear n’est (comme on s’y attendait) pas aussi beau que la version pour smartphone, mais il rempli parfaitement sa mission et vous permet de regarder rapidement les nouveautés.

Cependant, il est particulièrement lent à charger : à moins qu’il n’ait été utilisé récemment et qu’il soit, du coup, encore présent dans la RAM, il met quelques secondes à s’ouvrir.

APPLIS : JOUR DE L’INDÉPENDANCE

Le Google Play est un bon exemple pour illustrer le gain d’indépendance des applis d’Android Wear 2.0. Jusqu’à ce jour, la plupart des applis Wear n’étaient rien d’autre que des écrans secondaires pour la version de votre smartphone. Les jeux sur Wear ont un peu essayé d’être indépendants, mais des applis aussi cruciales que Runkeeper ou Strava n’étaient pas très utiles seules.

Mais maintenant, oui. Préparez-vous au lancement d'applis de running/marche/vélo qui fonctionennt en solo, sans avoir besoin de leur mentor sur smartphone à proximité. Combinez à cela une montre avec GPS comme la Huawei Watch 2, et on peut maintenant dire que, oui, les montres Wear peuvent être de bonnes montres de sport. Il était temps.

Pour l’instant ces applis sont surtout faites que pour récolter des informations sur votre séance d’exercice, plutôt que pour vous indiquer quel chemin prendre ou pour vous montrer en graphiques votre progression, mais avec un peu de chance on pourra bientôt exploiter ces données.

MESSAGES : ON RECOMMENCE À TAPER

Les applis de messageries aussi connaissent un renouveau avec Wear 2.0. Les montres sont capables d’envoyer des réponses courtes. Même si Google Hangouts utilise l’écriture prédictive ou la dictée depuis des années maintenant, ce genre de fonctionnalités sont désormais disponibles sur les applis développées par des tiers.

Avant que vous ne commenciez à sauter de joie, il n’y a pas encore d’appli Wear pout Whatsapp. Mais il existe une version Wear 2.0 de Telegram, qui est à peu près comme Whatsapp. C’est la qu’apparaît le nouveau clavier. Oui, oui, c’est ça, un clavier entier sur Wear 2.0 ce qui vous permet d’écrire directement depuis votre poignet.

Au début, on a commencé à l’utiliser comme un clavier classique où l’on doit taper chaque lettre : un désastre. Mais en fait, il prend aussi en charge l’écriture gestuelle (lorsque vous faites glisser votre doigt d'une lettre à l'autre). Bizarrement, cela marche très bien et ça, c’est uniquement grâce à l’excellente écriture prédictive de Google.

Le clavier est aussi utile pour le Google Play lorsque vous cherchez une appli. C’est vraiment à l’échelle de tout le système. Si vous détestez le clavier même en écrivant grâce aux swipes, vous pouvez toujours utiliser le micro et dicter quelque chose.

Mais il reste quand même une question en suspens : feriez-vous cela au quotidien avec toutes vos applis de messagerie ?

NOTIFICATIONS : MOINS DE PRISE DE TÊTE, PLUS UTILE

La manière dont fonctionnent les notifications, c’est le genre de chose qui change la vie au quotidien.

La précédente version d’Android Wear utilisait des « cartes » de notifications qui ressemblaient à des Post-it digitaux. Ils étaient un peu trop insistants, se glissant sur l’interface de votre montre en essayant désespérément d’attirer votre attention.

Comme pas mal de choses avec Android Wear 2.0, les notifications deviennent moins irritantes. Les Post-it ont été remplacés par des notifications plus sobres : il s’agit désormais de textes qui apparaissent sur un fond gris, et vous pouvez choisir de les afficher jusqu’à ce que vous les lisiez, pendant 5 secondes ou bien de ne pas les voir du tout. Vous pouvez toujours les lire en allant sur l’interface de la montre, donc elles ne sont jamais loin. Ce qu’elles affichent n’a pas vraiment changé d’après ce que j’ai pu voir, mais elles s’intègrent dans Wear et dans votre journée d’une manière beaucoup moins intrusive.

Si vous avez déjà un peu lu à propos de Wear 2.0, vous aurez sûrement entendu parlé de la présence du nouveau Google Assistant. C’est sensé être une sorte de Siri-sur-poignet que l’on a découvert sur les Google Pixel. Demandez lui « les horaires des séances de cinéma » et normalement vous ne devriez pas vous retrouver avec « les honoraires des sens de Samba ». Cependant cette fonctionnalité n’est pour l’instant pas disponible en France, mais on a entendu dire que ce serait pour septembre 2017.

LES EXTRAS

Ce qui est appréciable avec Wear 2.0, c’est que c’est une montre plus indépendante. Est-ce pour autant quelque chose que les fans d’Apple devraient acheter ? Si vous trouvez une ancienne montre à un bon prix, sur laquelle la mise à jour sera disponible, et que vous vous fichez d’avoir un GPS, alors pourquoi pas. Mais entre nous, les montres de la deuxième génération d’Apple Watch sont les meilleures du marché à l’heure actuelle.

Vous êtes aussi nombreux à vous demander si Wear 2.0 améliore vraiment l’autonomie de la batterie de ces montres. Je n’ai pas vraiment eu l’occasion de me procurer 2 montres identiques, l'une avec Wear et l’autre avec Wear 2.0, et d’aller les triturer dans le noir, mais je n’ai pas l’impression que l’amélioration soit sensationnelle. La batterie de la Huawei Watch 2 dure une journée et demi, peut-être un peu plus si vous n’êtes pas accro. D’après ce que j’ai entendu, l’autonomie de la LG Watch Style est absolument catastrophique. Tant pis.

LE VERDICT

Android Wear 2.0 est plus facile à adopter que les versions précédentes du système, surtout si vous trouviez le logiciel de la version antérieure peu intuitif ou délicat. Cette version simplifie certaines choses, et permet d'en pesonnaliser d'autres.

Elle est d’autant plus efficace que les hardwares sont désormais plus performants (on parle notamment du GPS).

Si vous avez déjà une montre Wear qui se trouve sur la liste des modèles qui bénéficient de la mise à jour, vous devriez être ravi. Mais cela ne règle pas le problème majeur d’Android Wear : le faible intérêt des développeurs ce qui rend la sortie de nouvelles applis géniales rarissime. 

L’avis de Stuff 

Android Wear 2.0 - test

De belles améliorations, que ce soit au niveau de l’utilisation ou des fonctionnalités, mais il manque toujours des applis essentielles pour que les montres Android soient des indispensables.
Points forts 
Interface moins agaçante
Notifications moins agaçantes
Personnalisation plus efficace
Points faibles 
N’est toujours pas une raison suffisante pour acheter une montre