Comment succéder à une des meilleures trilogies de jeux vidéo de cette dernière décennie ? BioWare donne sa réponse : faire la même chose, mais encore mieux.

Cela sera-t-il suffisant ?

Mais Mass Effect: Andromeda vient accompagné de son lot de problèmes. Lorsque je pense à M.E., ce qui me vient immédiatement à l’esprit, ce sont mes prises de tête avec ces choses bizarres qu’il faut affronter, ces montagnes russes émotionnelles et ces excellentes décisions narratives (ignorer, pour l’instant, les fameuses « trois couleurs »). Tout cela m’a permis de combler mes journées gaming mais aussi de comprendre que l’amour entre un humain et un Turian est, non seulement normal, mais aussi très spécial.

Mais avec un tel héritage, comment Mass Effect: Andromeda peut-il s'améliorer ? En terme d’échelle, il est plus grand que ses 3 prédécesseurs, mais comme il n’y a pas de suite de prévue, c’est également un jeu autonome qui va se mesurer à la profondeur et à l’expansion d’une série qui a eu 3 volets pour trouver sa voie. C’est un défi de taille.

Et pourtant, il tient la route. Mais non sans quelques accrocs.

Laissez-moi vous expliquer (sans spoilers, c’est juré) … 

Prenez part à l'aventure

Vous êtes sûrement déjà au courant, mais Andromeda se démarque des précédents jeux de la série Mass Effect, puisqu’il se déroule dans une galaxie complètement différente.

Entre le second et le troisième volet, l’humanité s’était alliée à d’autres races extra-terrestres de la Voie Lactée et avait envoyé en mission une flopée de vaisseaux pour trouver un nouvel endroit où élire domicile dans la galaxie Andromède.

600 ans plus tard, cette bande très hétéroclite (entendez par là : des milliers d’êtres d’espèces différentes) s’est retrouvée dans le secteur Héléus, où le futur des terres d'accueil les attend.

Comme vous l’avez probablement deviné, ce monde s’avère être tout sauf parfait : c’est le repère des plus méchantes créatures de l’univers. 

Heureusement, la flotte a un guide qui lui permet de gérer ce genre de situation. Ok, peut-être pas spécifiquement ce genre de situation, mais plus largement certaines situations et vous, vous êtes là pour aider.

Et votre rôle, c’est de mener à bien la récupération de ces fichus mondes à travers une série de missions, chacune ayant pour but de conduire à la survie de l’espèce. Par exemple, vous devrez restaurer les relations pacifiques avec les Krogan, ou vous occuper des exilés (ceux qui ont abandonné la mission pour créer leur propre ville frontalière).

Une des tâches les plus importantes que vous devez accomplir, c’est d’entreprendre l’exploration des caveaux des Remnant. Ce sont les systèmes technologies de cette population extra-terrestre qui sont la clé du pouvoir sur cette planète, mais ils sont extrêmement destructeurs. Ils doivent être découverts et étudiés pour faire avancer l’histoire et les chances de survie.

BioWare a fait du très bon travail en ce qui concerne chaque caveau de Remnant. Cela aurait pu être une expérience tout à fait banale, mais au contraire, chaque découverte est unique, ce qui permet d'introduire des éléments nouveaux, et de vous garder éveillé. 

PLEIN DE NOUVEAUX AMIS

Pour vous assister dans votre entreprise, vous avez votre vaisseau, Le Tempête, et sa version terrestre, le Nomad.

Le Tempête est très bien pensé, d’une certaine manière, il nous rappelle Le Normandy, celui des épisodes précédants, mais l’intérieur est beaucoup mieux organisé. Cependant, c’est Le Nomad la vraie star, surtout lorsqu’on se retrouve à faire des courses au milieu de dunes de sable, ou qu’on se retrouve à jouer les pilotes sur la glace.

Dans la catégorie des choses un peu moins utiles, on retrouve les Kett, ces aliens faits d’os, qui faisaient partie du groupe pendant un temps, mais qui ont désormais leur propre plan pour s’occuper des restes Remnant. Ce sont vos interactions avec eux, ainsi que l’établissement des mondes, qui constituent le centre de l’histoire.

C’est d’ailleurs le bon moment pour avouer qu’un seul test ne peut pas rendre justice à Andromeda. Avec un nombre de personnages secondaires impressionnant (à peu près 1200), vous côtoierez tant de monde que vous vous sentirez un peu perdu.

Pour vous donner une idée, Andromeda est bien plus vaste que les 3 volets de la trilogie et leurs missions secondaires réunis. Bien sûr, vous pouvez décider de passer très rapidement certains évènements, mais il a tant à découvrir, à faire et à explorer, que si vous ne prenez pas le temps d’en profiter, de faire les missions secondaires et de parler aux locaux, vous ne pourrez pas pleinement profiter du jeu.

Mais il faut qu’on parle d’une chose qui fâche…

DES PERSONNAGES PAS NETS

Lorsque je joue à un jeu de la série Mass Effect, d’habitude, il a 4 choses qui m’attirent. La première, c’est les décisions que je dois prendre lors des interactions et les combats. La seconde, c’est l’histoire : la manière dont elle évolue et dont elle est écrite. La troisième, ce sont les doublages et leur subtilité qui permet de mieux définir les personnages. La dernière, c’est la synchronisation des voix et des lèvres des personnages.

Mass Effect: Andromeda a l’une des plus mauvaises modélisation de personnages que j’ai vu depuis des années. Les expressions faciales sont entre l’« acceptable » et le « mais comment est-ce que cette chose a pu arriver jusqu’à la version finale ? ». Il s’agit bien plus que de simples petits détails déconcertants : lorsque vos personnages essayent d’avoir une conversation avec un personnage non-joueur, on dirait qu’il est en train de se soulager.

Pour un jeu qui a pour but de créer un sentiment d’immersion totale dans une ambiance à mi chemin entre fantasy et science-fiction, c’est un vrai problème. Heureusement, plus vous y jouerez, moins vous le remarquerez car les doublages et l’histoire finissent par prendre le pas sur les problèmes d’animation et vous vendent les personnages comme un tout, mais on comprend ceux qui se plaignent de ces visages sans vie qu'a produit BioWare.

Les personnages ne sont pas seulement constitués de visages, c’est sûr, mais c’est ici qu’Andromeda pêche une nouvelle fois. Je ne sais pas vous, mais mes mains ne s’introduisent généralement pas dans mon corps, et pourtant, c’est exactement ce qu’il se passe avec presque tous les personnages lors des scènes de conversations.

Ces jeux ont pour vocation d’être crédibles. On est d’accord pour faire comme si de rien n’était lorsqu’il y a quelques petits bogues (comme les têtes rotatives dans Fallout, les têtes sans visages dans Assasin’s Creed), mais à chaque fois, c’est notre immersion qui en prend un coup. Il ne s’agit pas seulement des bras d’ailleurs : de manière générale, le mapping des vêtement n’a pas été fait avec assez de points de concordance, donc on voit parfois apparaître des patches de modèles sous les tenues. Et ça prend du temps de tout réajuster, un temps qu’on aurait aimé être consacré à l’histoire de Ryder et au futur de toutes les espèces d'Héléus.

On a déjà vu ce genre de chose dans d’autres jeux, mais le fait de voir ça dans un jeu AAA avec une telle récurrence fait qu’on a même du mal à croire que ce soit l’œuvre de BioWare.

Ceci dit, c’est le seul défaut d’un jeu qui, sans cela, aurait été parfait. D’une manière générale, les graphismes sont à tomber par terre. Je dirais même qu'ils coupent le souffle, que ce soit les scènes du jeux ou les cinématiques. 

Immersion totale

Les combats aussi sont très plaisants, que ce soit de manière classique ou en compagnie de votre I.A. qui rend votre armée plus agressive (et donc plus efficace).

L’introduction de nouvelles mécaniques de jeu apportent un truc en plus : cela vous permet de chercher de nouvelles manières de vous planquer, mais aussi d’apporter une dimension romanesque aux niveaux, dans lesquels parfois, pour progresser il faut oser sauter dans le vide.

À noter aussi que le menu des conversations a été modifié, tout comme le type de décisions que l’on doit prendre. Désormais, tout est dans le ton que l’on prend pour dire les choses, le tout classé en 4 catégories : émotion, logique, détendu, professionnel. En jouant, j’ai décidé d'incarner Sara Ryder : elle serait une femme qui engage facilement la conversation. Ces discussions sont parfois logiques avec certaines espèces, plus émotionnelles avec d’autres, et je me suis parfois servi du mode professionnel dans les rares occasions où je devais avoir l’air sûr de moi.

Du coup, les conversations étaient mieux réparties. Cela a mené à des discussions plus agréables, ce qui est un énorme plus comparé à la trilogie originelle.

En fait, je suis presque sûr que plus je jouais, plus les conversations que j’avais avec mon équipe (dans lesquelles je n’intervenais pas) étaient inspirées de mes choix linguistiques précédents. C’était drôle de voir Ryder faire l’imbécile en se demandant si c’était la conséquence de mes choix.

Les compagnons que vous choisissez pour le reste de votre aventure sont eux aussi géniaux. Si vous pensez que c’est comme dans la trilogie, que vous devez gérer plusieurs archétypes de personnages, Andromeda s’amuse à pimenter les choses.

Le verdict

Malgré ses défauts, il vous faut Mass Effect: Andromeda.

Ce vaste jeu, qui est en fait d’une grande complexité et qui a beaucoup de potentiel en terme de développement des personnages, arrive à vous convaincre rapidement. En fait, plus vous y jouerez, moins vous pourrez vous en passer.

Oui, ces petits bogues graphiques brisent l’illusion et sont frustrants étant donné qu’autrement, ce jeu est très, très immersif. Mais le reste du jeu suffit à nous faire entrer dans l’action.

C’est un très bon jeu et, si BioWare règle ce problème d’expressions faciales et de physique des PNJ, Andromeda risque de prendre la tête du classement des meilleurs jeux de l’année, voir même de se hisser jusque dans le top 5 dans les mois à venir.

L’avis de Stuff 

Mass Effect: Andromeda - test

Le Mass Effect le plus exigeant à l’heure actuelle, mais aussi le plus beau et celui où il y a le plus d’action. C’est ça qui compte.
à partir de
€ 59
Points forts 
Décors fantastiques
Infinité de choses à faire et à explorer
Des combats excellents
Points faibles 
Animations faciales grossières
Intimident au début
L’interface utilisateur bogue quelques fois